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Demande de devis pour un site ecommerce : on récolte ce que l’on sème

16 septembre 2010Commentaires (25)

Image 1.pngDans le monde de la création de site e-commerce, il y a un sujet qui nous fait tous bien rire : les prospects à coté de leurs pompes.

Quelle agence web n’a pas eu son lot de demandes de devis farfelues ? Le fameux « J’ai 500 euros, est-ce que vous pouvez me refaire un Amazon en mieux ».

Au bout de quelques années d'activité, nous avons tous un bêtisier interne, certains le partagent sur leur blog comme ici (allez voir, il est très comique). Je vois aussi passer de plus en plus de tweets moqueurs (et un peu aigris en fait) suite aux emails de pauvres prospects qui débarquent la fleur au fusil croyant qu’il peuvent avoir un bijou de technologie e-commerce qui va les rendre riche en quelques années... pour le prix d’une télévision.

Nous autres du web, agences, éditeurs de solution e-commerce, consultants indépendants (moi compris) nous offusquons que notre travail est dévalorisé, que notre métier est incompris, que les entreprises sont à la rue, etc.

OK… mais comment en est-on arrivé là ?


Nous sommes responsables de cette situation

Comment des chefs d’entreprises souvent émérites, des entrepreneurs parfois brillants, peuvent croire qu’un site e-commerce est un jeu d’enfant à réaliser et ne coûte que quelques centaines d’euros ?

La vérité, c’est que nous sommes probablement les principaux responsables de cette situation. Nous avons volontairement fait passer les mauvais messages depuis une décennie.

Tout a commencé avec l’avènement des CMS e-commerce. Toutes (oui, j’ai bien écrit toutes) les agences web commercialisant leur propre solution e-commerce et les éditeurs de solution ASP / SaaS n’ont eu qu’un slogan à la bouche pendant des années pour vanter leur solution révolutionnaire :

" Créez votre boutique en 1 clic "

et toutes ses déclinaisons souvent racoleuses :

  • Votre boutique en ligne en 5 minutes chrono.
  • Vendez facilement dans le monde entier avec votre boutique en ligne.
  • Le e-commerce, c’est simple comme 1 clic avec notre solution.
  • Lancez-vous dans le e-commerce. Pas besoin de compétences.
  • Le e-commerce à la portée de tous avec notre solution
  • Boostez le développement de votre entreprise ! Lancez-vous dans le e-commerce
  • Solution "boutique en ligne" pour propulser vos ventes et conquérir le marché de la vente par Internet ' à voir ici.

Quelques années plus tard, l’explosion du SaaS est venue en rajouter une couche, sur la dimension prix cette fois. Les licences qui coûtaient plusieurs milliers d’euros, se sont transformées en abonnement mensuel à partir de quelques dizaines d’euros/mois.

"Votre site e-commerce pour seulement 19 euros/mois"

Image 3.png

Publicité trouvée sur un site d'agence web.
Rien que le design de la pub me laisse pantois...

 

Là, on a touché le fond… Pas en terme d’offre, mais en terme de communication.


Rendez-vous compte du message complètement erroné qu’on matraque aux entreprises et au grand public depuis des années :
non seulement créer un site e-commerce est à la portée d’un gosse de 8 ans qui sait cliquer sur le mulot, mais en plus, il peut se le payer avec son argent de poche, au lieu de s’acheter des bombecs tous les mois…

A partir de là, comment expliquer à un prospect, qui au passage s’est pris en pleine figure les dizaines d’annonces Adwords racoleuses sur la requête « solution e-commerce » et consorts, que chez vous, un site coûte le centuple de ce qu’il a pu voir par ailleurs ?

Image 7.png

Comment lui faire comprendre que vous allez passer des dizaines d’heures à travailler sur la conception, le design et le développement de sa boutique sans prétention, alors que d’autres le font en 5 minutes ?

Comment lui expliquer qu’il va aussi falloir investir quelques milliers d’euros en référencement, en e-mailing, et je ne sais quoi d’autre, pour espérer dépasser 3 commandes /jour ?

Effectivement, dans ces conditions, c’est mission impossible.

 

Ca ne pourra pas durer

Heureusement, ce positionnement marketing dévalorisant pour la profession et les bijoux de technologie qui ont vu le jour tend à disparaitre depuis quelques années. Il me semble même que nous commençons à être nombreux à suivre le chemin inverse.

D’une part, parce qu’il est désormais quasiment impossible de réussir dans le e-commerce sans un investissement conséquent (lire mon article à ce sujet Pourquoi un site e-commerce coûte forcément cher ?). Ca commence à se savoir, et un expert e-commerce ne serait pas crédible en affirmant le contraire. Il faut investir, sans cesse, ou mourir.
Personnellement, je suis incapable de mentir à des personnes qui engagent toutes leurs économies et leur avenir professionnel dans un projet e-commerce foireux, ou pour lequel ils n'ont pas les moyens de leurs ambitions. Alors je leur dis, quite à me tirer une balle dans le pied car le prospect va voir ailleurs, mais au moins, j'ai ma bonne conscience avec moi.

Ensuite, il ne faut pas se mentir, créer des boutiques à moins de 1000 euros quand on est une agence web, un consultant indépendant (c’est mon cas), ou un éditeur, ça n’enrichit personne. Ni le prestataire qui va devoir trouver un paquet de pigeons clients pour gagner sa vie, ni le client qui ne vendra pas grand chose avec sa boutique.

Enfin, il me semble (mais ce n'est que mon avis) que les éditeurs de solutions e-commerce ASP et SaaS n’ont plus trop le choix que de changer leur fusil d’épaule dans les années à venir. L’écosystème e-commerce se développe très vite, et devient tellement complexe que les investissements en R&D pour maintenir un produit en phase avec les attentes du marché sont énormes.
Pour eux aussi, il faudra beaucoup investir, ou mourir. Ou augmenter les tarifs.
Dans ces conditions, seuls les plus gros, les plus solides, pourront maintenir une offre commerciale au ras des pâquerettes.

 

Conclusion ?

1. On râle contre les prospects, mais on l’a bien cherché non ? ;-)

2. Compte tenu des enjeux économiques grandissants sur ce secteur d’activité (c’est quand même l’un des rares qui a passé la crise sans sourciller et qui connait une croissance à 2 chiffres depuis des années), il serait peut-être temps de faire quelque chose à grande échelle pour accompagner les entreprises porteuses de beaux projets e-commerce et les entrepreneurs volontaires afin de leur donner les bonnes cartes.

Comme l’a fait remarquer très justement Hervé Bourdon, VP Marketing d'Oxatis dans la conclusion de son article en réponse à celui que j'ai écrit avant celui là, il y a des programmes de soutien pour la Santé Publique, d'autres pour la Prévention Routière, alors pourquoi pas un programme national d’accompagnement aux futurs e-commerçants ? Un programme de formation pour casser les clichés tenaces, pour leur montrer où sont les obstacles, pour les mettre face à la réalité du terrain, leur permettre de réussir et créer de la valeur, des emplois.

Et tant qu’on y est, un label "Expert e-commerce compétent", avec des vrais morceaux d’expérience dedans (là, je sais, je rêve…) pour permettre aux entreprises de se repérer dans la jungle des prestataires.

Ca aiderait tout le monde : les entreprises d’abord, les agences sérieuses, les éditeurs, l'économie française, et moi aussi.

21:17 Publié dans Reflexions sur l'e-commerce | Lien permanent | Commentaires (25) | | | |  Imprimer

Commentaires

Le retour du retour de la bonne idée ? J'ai pu lire comme un début de question sur ce sujet sur le blog d'un confrère il y a quelques mois...

Je ne peux que partager ton avis, une "charte" de la profession serait un grand pas vers la maturité. Alors rêvons, on arrive jamais à rien sans rêves.

François    16 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

bonjour ludovic,
pour info cela existe en région rhone-alpes. ENE identifie des consultants ecommerce et subventionne les entreprises qui les utilisent.

jean pierre    17 septembre 2010

Travaillant depuis 1995 sur le net, je ne peux qu'être d'accord avec votre analyse.Malheureusement il y a une acteur que vous n'avez peut être pas volontairement nomme je veux parler des "places de marchés". La diffusion d'appel d'offre étant gratuite c'est le prestataire qui fait vivre ce genre de société. Le seul problème étant que vous payez bien souvent assez cher pour avoir une adresse un nom et un numéro de téléphone, et c'est tout car il faut lire les objets des appels d'offre "je veux refaire mon site, je veux un site de..., je veux le même site que... etc." . Parlons également du budget annoncé par la place des marchés comme étant celui que le client accepterait... (la c'est la galère) alors lorsque l'on s'est fait prendre comme moi (hélas plusieurs fois) l'on commence par demander l'établissement d'un cahier des charges.... vous avez dit quoi ? un cahier des charges.....

bon j'arrête car sinon j'en ai pour la matinée, bon courage à vous et bonne journée - cordialement Jean-Pierre

gouvazé    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

@Gouzavé : Très Bonne remarque.

C'est vrai que les places de marché sur le modèle de Codeur.com n'arrangent pas les choses en matière de devis.

La majorité des porteurs de projet se focalisent sur l'aspect uniquement économique de leur projet grâce à la stimulation de la compétition entre les prestataires, et leur font oublier que la qualité à un prix.

Ludovic    17 septembre 2010

Analyse pertinente et courageuse, Ludo.
Il en va de même dans le monde des graphistes "Votre logo pour 2€ !" :))
Bonne journée !

SylvainG - Studiokom    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

A force de vendre du gratuit et du pas cher pour attirer les clients, nous sommes arrivés à cette situation. Mais nous ne sommes pas les plus à plaindre, ce sont les clients qui se font avoir et qui reviennent ensuite vers nous (moins une partie totalement dégoutées par Internet et les métiers de cette sphère) qui le sont. Ils perdent du temps et souvent un peu de confiance en leur projet et en nos compétences/honnêteté.
Espérons que cela ne dure pas, mais j'ai du mal à y croire, il y a sans cesse des nouveaux acteurs sur le marché (auto entrepreneur, concurrence outre-méditerranée), qui casse les prix et très souvent offre une prestation de qualité "limitée".

Aurélien    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Superbe analyse, que je partage bien entendu.
Je ne m'ennuie plus pour ma part, je bosse pour moi et seulement pour des clients qui en vaillent la peine.
Je ne prends plus la tête avec ce genre de personnes...

Rémy Bigot    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Cette analyse peut malheureusement s'étendre à une bonne partie de l'ensemble des métiers de l'informatique !

Je suis moi même consultant mais sur le côté sombre de l'info, les dinosaures mainframe, et middle ware. Et " chez nous " c'est pareil les études tendent à ne plus ressembler à rien en terme de cout. C'est aujourd'hui tout en pan de la profession qui disparait sur le billot du Gross Profit.

Côté e-commerce, à l'inverse, il n'y a pas si longtemps, je me souviens de propal de création de 3 pages ornée de l'incontournable bouton p*ypal plus hébergement pour la modique somme de 1800€. C'est de la déraison ! On a frôlé la connerie, et on en paye les pots cassés.

Oui, cette analyse est pertinente donc merci ludovic pour ce billet.

Yannick    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Ajoutez à cela le souvenir de la bulle Internet et on a tous les ingrédients pour faire perdre la confiance des entrepreneurs. C'est d'ailleurs bien dommage car on croise des projets intéressant et pertinent, qui pourrait cartonner avec un bon accompagnement.

Julie E.Referencement    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Très bon article reflétant avec précision le quotidien. A nous à présent d'accompagner nos prospects et clients dans la plus grande transparence, et de faire du bon boulot !

Guillaume    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Bonjour,
Pour moi notre domaine n'est pas différent des autres secteurs de l'économie. Il est régit effectivement par une concurrence forte, due à la facilité avec laquelle on peut se déclarer "webagency". Un ordinateur, et un magazine en kiosque suffisant à remplacer un cursus d'ingénieur ;).
Les solutions SaaS pour moi ne sont pas un problème et ne sont pas de mauvais produits. Elles sont pour la plus part très abouties. Elles ont simplement un business modèle différent.
Pour moi le problème se situe à un autre niveau :
Exemple bête dans l'automobile il y a des Logans, des Mercedes, des mandataires, des spécialistes de l'occasion, des casses auto, des réparateurs agréés, ... Les grandes marques pourraient crier au scandale toutes les 2 minutes. Seulement il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Quand tu rentres chez BMW, tu comprends, mesures, évalue le produit qui t'es présenté. L'image de marque, le bouche à oreille, ont faient le job depuis des années.
Nos entreprises sont jeunes et le milieu de la "communication et du développement web", est finalement très peu lisible, on souffle le chaud et le froid comme tu le soulignes, et certains font le grand écart entre le low cost et le sur mesure... Les positionnements ne sont pas clairs.
Les clients ne comprennent pas les différences fondamentales entre les solutions, les prestations, et ont l'impression de ne rien posséder, et rien maîtriser. De plus une application web de qualité engendre des coûts récurrents de maintenance, évolutions...
Les sociétés sont bien souvent incapables de mesurer, expliquer, et démontrer le ROI de leurs actions et de leurs dispositifs.
Je pense que le problème fondamental pour les petites structures est qu'elles n'ont pas d'image de marque, leur permettant de se passer d'avoir à se justifier de toutes leurs actions (souvent incompréhensibles pour les clients).
Avoir à se justifier est sans doute le pire des exercices surtout s'il n'est pas maîtrisé, et renforce l'idée que ce que nous faisons au centuple du prix des solutions SaaS, ou à bas coûts ne se justifie pas.
On pourrait épiloguer longtemps sur le sujet, mais pour moi la voie choisie est de travailler ma lisibilité et mon positionnement, de concevoir des dispositifs adaptés aux clients et non à mon ego, le bouche à oreille fera le reste ;)

PS : les valeurs de partage et gratuité sont le fondement d'internet, le business s'en est emparé après...

Di Giovanni Stéphane    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Bonjour Stéphane et merci pour ton commentaire très juste. Il y a plein de choses intéressantes dans ce que tu dis :

La facilité avec laquelle on peut se déclarer "webagency > C'est vrai, et c'est un problème de fond dans notre activité. Parceque ce que nos métiers et compétences sont peu compréhensibles pour les clients, une bonne communication permet à n'importe qui de faire gober n'importe quoi. Il n'y a qu'a regarder tous les pseudos experts Community Manager et consultants en Médias Sociaux qui étaient encore sur les bancs de l'école il y a 1 an, les consultants web et e-commerce qui ont produit 5 sites dans leur vie en tant que chef de projet, les développeurs qui développent en apprenant sur le forums d'entre-aide...

Les solutions SaaS pour moi ne sont pas un problème et ne sont pas de mauvais produits > nous sommes bien d'accord. Elles sont une opportunité formidable pour le e-commerce. Le problème vient de la communication, des arguments qui ont été utilisés pour en vanter les mérites il y a quelques années et qui ne sont plus valables dans le contexte actuel, et le seront encore moins à l'avenir.

"concevoir des dispositifs adaptés aux clients et non à mon ego" > Belle philosophie que je partage. Bon courage à toi./

Ludovic    17 septembre 2010

Franchement, ceux qui optent pour des solutions gratuites ou à bas prix méritent de passer par cette case "error" afin d'entrevoir un jour plus ou moins lointain que le gratuit ou presque gratuit ne vaut que son prix; c'est-à-dire par grand chose.
Ca ne me dérange pas de voir des offres qui répondent à cette demande.

Par contre, dès qu'on commence à jouer dans la cour des grands, il y a un vrai problème avec des solutions onéreuses où le résultat n'est absolument pas à la hauteur du tarif appliqué. Le vrai problème est là!

LaurentB    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

@laurent : pour moi, personne ne mérite de se planter. S'ils font des mauvais choix, c'est trop souvent parce qu'on ne leur à pas expliqué les conséquences de ces choix.
Ou qu'ils n'ont pas de réelles ambitions avec leur projet, et qu'ils ne souhaitent pas investir pour réussir. Il y en a beaucoup qui jouent dans cette catégorie.

Pour les prestations minables à un prix élevé, c'est clair que c'est pire qu'une prestation minable pour pas cher.

Ludovic    17 septembre 2010

Stéphane, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un commentaire aussi juste, je ne vais pas répéter les remarques qui ont suivi, je vais rebondir sur " le grand écart entre le low cost et le sur mesure" : on est en plein dedans.

On peut, en ayant conservé les valeurs de partage qui sont à la base du développement du web (avec quelques militaires dans le coup, mais passons) et l'esprit "commando" des petites équipes qui permettent de faire du low cost, faire de la qualité sur mesure. On est justement en plein dedans en ce moment avec comme base de réflexion la séparation entre la plate-forme et son approche "low cos" et les prestations qui mériteraient d'être traitées en dehors de cette structure pour ne pas avoir, justement, à faire de grand écart et à devoir s'en justifier pendant des heures.

N'oubliez pas, les gars, que nous, on voit ce qui se passe derrière les sites et qu'on sait de quoi on parle, le porteur de projet, lui, n'en a généralement qu'une vague idée. En tous cas ravi d'avoir fait ta connaissance, Stéphane, quand tu veux on taille le bout de gras :)

François

François    17 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Enfin un article digne de ce nom!

Effectivement les métiers du web (webdesigner, consultant, webmaster...) sont totalement dévalorisés depuis au moins 7/8 ans, je me souviens encore des années où l'on proposait des sites vitrines statiques HTML avec des gifs animés partout (lol) pour au moins 1200euro :D C'était la bonne époque...

Je rigole doucement quand un client vient me voir en me disant: "je veux un site comme myspace music mas en mieux" Après moi je lui demande son budget et il me répond: "400euros maxi" Là c'est clair qu'à ce tarif là, mieux vaut travailler en chaine de production pour 1000eur/mois.

Les gens pensent qu'on fait un site internet comme un fait un pizza, allez hop en 10min c'est plié... Non mais sérieux c'est quoi cette époque de malades mentaux !

Et quand on leur dit que le logo des JO 2012 a coûté 140 000 euros (en plus il est LAID), là d'un coup ça remet les choses à leur place, au hasard...

Bref, le web devient une vraie poubelle avec des MacGyver en herbe de partout, changez de métier les gars, utilisez vos talents en webmastering pour créer un site d'évènementiel par exemple, avec 10 pubs virales sur chaque page, 100 000 visites par jour, et hop c'est jackpot ! (ironique)

Je suis en total accord avec cet article, vous avez tout haut ce que je pense tout bas depuis trop de temps ! BRAVO !!!

Très cordialement, bien à vous.

ChrisR    18 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Bonjour et surtout merci !!

Je ne suis pas le seul a être exaspérer, non pas par les prospects mais par les agences et autres SSII. Il suffit d'avoir été sur le salon "Paris eCommerce 2010" aujourd'hui pour constater que cette époque du "Devenez riche via le web en 2 secondes grâce à une idée farfelue et pour 10 euros" n'est pas terminée.

Pour compléter ce que dit Stéphane ou plutôt pour réagir, il existe peut-être différentes visions, différentes économies, qualités ... Mais ce qui me fait mal, ce n'est pas de recevoir des demandes "délirantes", c'est voir que des gens sont "paumés" et prêt à donner toutes leurs économies à des Ryan Air du web qui leur promettent un vol Paris-Singapour en first.

Bonne soirée à tous

Georges@Bitbol    21 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Bonjour à tous.

Merci Stéphane pour la pub Adwords gratuite :) je plaisante, je taquinais un peu, mais bon si les sociétés éditrices françaises ne se laissaient pas faire par les envahisseurs opportunistes étrangers, le marché ne serait pas dans un tel état.

Pour ma part, ma Marque et mon kbis justifient bien ma notoriété, je développe CyberShop depuis 1998, et je considère que je suis un opérateur historique dans ce secteur, tout comme Oxatis et Powerboutique. Nous étions les premiers éditeurs Français, et ça c'est un fait qu'on ne peut nier sous aucun prétexte.

Chacun de nous a le droit de prétendre être le N°1 en France et en être fier. Vous devez aussi être fier de nous.
Plusieurs raisons nous qualifient de N° 1 en France, regardez par exemple comment Oxatis a mis les modèles locatifs os-commerce hors jeux tout en conservant 52 emplois ! ou comment Powerboutique a su contrer ces même modèles locatifs en proposant en plus un accompagnement personnalisé avec plus de 25 employés, et enfin, la guerre de l'innovation technologique qui a toujours permis à notre solution e-Business CyberShop de proposer des fonctionnalités innovantes dépassant largement les capacités de Magento. A titre d'exemple, la semaine dernière Magento a proposé une application iPhone pour ses utilisateurs alors que nous l'avions proposé il y a plus d'un an !!! tout en restant moitié prix que Magento. Et ce n'est pas tout souvenez vous de notre barrage à Intershop en 2004.

Chacune de nos sociétés dispose d'un modèle commercial spécifique pour servir ou qui répond à un certain profil de client, et conçoit des dispositifs adaptés aux clients TPE, PME et Grand Compte...
Chaque dispositif a un prix !
Il est donc tout à fait normal qu'un site e-Commerce nécessite un investissement à la hauteur du business plan et ROI espéré. Les divers intervenants engagés dans ce processus ne sont pas employés avec un contrat de travail GNU (lol), et ne sont pas payés en Open Source.

Nous devons être patriotes et défendre notre territoire, notre marché et notre savoir faire.
Essayez d'implanter nos solutions aux USA ou en Angleterre ou même en Allemagne ! C'est quasiment impossible sans acheter un concurrent sur place ! Donc PAYER

Il n'y a que en France que nous avons une mentalité bizarre dans les affaires. Une mentalité héritée du loto et jeux de grattage, on veut gagner des millions en grattant un papier d'un euro.
Alors qu'aux USA et UK, on parie des grosses sommes chez les bookmakers. Toute la différence est là.

Je fais le salon e-Commerce depuis sa première édition, à l'époque nous n'étions que 14 exposants, aujourd'hui le visage du salon a bien changé.
Ce que je retire du dernier salon c'est que les éditeurs historiques français sont toujours là, fort heureusement, et ça serait dommage de ne pas les voir.
Les SSII offshore ont quasiment disparu, tant mieux pour nos emplois.
Il n'y a pratiquement plus de vague OS-commerce " ou comment devenir riche gratuitement"
Les SSII ou webagency qui revendent du Magento "façonné" se font la guerre entre elles. Il y avait 4 stands Magento, vendant la version gratuite à des prix différents. Les visiteurs ont été réellement confus!

On peut bien dématérialiser une solution e-commerce, mais pourriez vous dématérialiser le travail d'un développeur ingénieur payé 2500 euros par mois ou d'un webdesigner ? d'un support technique disponible 24/7 et en Français ?

Enfin vous allez peut être dire que ce mec (moi) dit tout et n'importe quoi, ou que peut être je suis strange, ou pas, mais bon cette discussion est tellement intéressante que son contexte dépasse tout commentaire.
Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire mon commentaire, et par la même occasion je félicite vos commentaires très enrichissants et qui démontrent bien le malaise. Restons optimiste, en tout chez CyberShop nous le sommes à fond.

Mhd    29 septembre 2010 Répondre à ce commentaire

Bonjour,
La quantité au détriment de la qualité est un problème général lié peut être à la mondialisation.
Un exemple: http://www.youtube.com/watch?v=SbKj-64wzsI

phoenix    01 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Je ne sais pas si les consultants e-commerce ont récolté ce qu'ils ont semé mais une chose est sûre, une grande partie du grand public et des entreprises sont à l'ouest. Effectivement, ça marche dans les deux sens c'est à dire qu'en 1997 / 1998 il y a des boites qui se gavaient pour torcher deux trois pages sur un site plaquette.

Paradoxalement, aujourd'hui les entreprises ont plus de besoins (vente en ligne, SEO, utilisabilité, web analytics) et les budgets sont moindres. Mais il y a un vrai travail d'éducation à faire, regardez le monde du libre et le nombre de gens qui vont assimiler open source et gratuité. C'est pas gagné !

Jean-Baptiste    06 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Vous trouvez vraiment que les budgets sont en baisse?
Bien au contraire, je trouve qu'on commence à avoir des moyens en adéquation avec les ambitions. Voire même carrément une carte blanche pour les plus téméraires.

LaurentB    06 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

+1 Laurent, certains semblent découvrir l'importance du net, et se montrent pr^ts à y mettre vraiment les moyens!

Sam Creation Site    12 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Bravo Ludovic pour cet article plein de punch. Quoi rajouter à une description si "véridique" des tendances de notre profession. Ton clin d'oeil est pertinent; nous avons également notre bêtisier interne ;-)

Oui, nous sommes coupables. Les casseurs de prix apparaissent dans le web, comme sur la plupart des marchés dis "matures"... Et pourtant! Tu le soulignes bien, la croissance du secteur est très correcte. Alors?

Alors, c'est juste que les cycles de vie dans le web sont si courts, que la R&D est tellement intense, que certains pensent pouvoir distiller de la plateforme "daubesque" à moindre coût. Pourquoi?

Car la plupart des chefs d'entreprises ont quelques "cycles" de retard, et qu'ils croient toujours que le E-commerce consiste à créer un site banal, et l'inscrire sur des annuaires... Eux qui rêvaient doucement de devenir golden boys avec 500€ d'investissement... La douche est froide.

Alors que le E-commerce est tiré sans cesse vers le haut, et que le "ticket d'entrée" ne cesse de grandir pour les entrepreneurs, certains acteurs n'hésitent pas à "surfer" sur des produits vache à lait, quitte à savoir dès le départ que la boutique ne dépassera pas 3 commande par an sans référencement, sans e-pub, sans gestion de la relation client, sans affiliation... sans rien.

Oui, allons vers des formations & des labels qualités pour améliorer la lisibilité de l'offre "E-commerce", et que, enfin, les e-commerçants puissent choisir au plus juste de leurs ambitions quel type de partenaires ils doivent approcher(comprendre: ne nous envoyez plus des demandes de création de site E-commerce à 500€ et à livrer dans 3 jours ;-))

Matthieu - Blog business / Webmarketing / Management    20 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Je dois avouer que ton billet m'a motivé pour pousser un coup de gueule contre les agences de référencement qui affichent une image propre tout en bossant contre des sagouins par derrière.
Vous allez lire que j'ai pris beaucoup moins de pincettes que toi...
http://www.laurentbourrelly.com/blog/844.php

LaurentB    20 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Je pense que tant que des designers ou webmasters accepteront de bosser pour des prix dérisoires, on aura ce genre de problemes.
En fait, ca met le demandeur en position de force: "Vous voulez pas le faire pour ce prix? OK celui d apres dira oui ..." Sauf que tout le monde est perdant au final ...
Guillaume

Presence Pro    27 juin 2013 Répondre à ce commentaire

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