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Création web vs création print : toujours le même combat

20 octobre 2010Commentaires (17)

Become_a_Web_Designer.jpgEn ce moment, je suis dans la phase de gestion de la création graphique sur plusieurs projets, et je fais le même constat depuis 10 ans : que c’est galère de trouver un bon webdesigner qui comprend tout de suite le résultat qu’on veut atteindre, et qui sait faire une exécution correcte du premier coup !

NB : je ne parle pas des projets foireux ou le client n’a pas de brief créatif, ni fait des prototypes de son site, et qui a des goûts de (biiiiip !). Je parle de projets où tout est déjà bien ficelé en amont de la phase créative.

Force est de contaster que beaucoup de graphistes ne sont tout simplement pas compétents pour faire du webdesign. Ils pensent qu’on "habille" un site comme on fait une affiche pour le Festival du Cirque, et travaillent donc de la même manière pour réaliser une page d’accueil. Oui, ça existe encore en 2010 ! Et il y en a encore pleins !!!!!

Bien sûr, c’est une hérésie de travailler comme ça. Le print et le web sont 2 mondes à part. Voici pourquoi.


Création web vs création print

Une affiche, un flyer, un leaflet sont des documents statiques ou la création à pour but de mettre en valeur un ou plusieurs messages.

Un site, ça n'a rien à voir. C'est une Interface Homme Machine (IHM dans le jargon de l’ergonomie). Elle diffère fondamentalement d’une création print dans le sens où cette interface est dynamique, et que l’objectif principal n’est pas de faire passer un message mais de créer une interaction avec l’utilisateur.

L’interface permet de faire des actions :

  • dérouler un menu,
  • cliquer sur un bouton,
  • scroller dans la page,

mais aussi de générer des comportements :

  • je passe ma souris sur une zone et un nouveau texte s’affiche,
  • je saisi du texte dans un champs et des résultats s’affichent.

Ce fonctionnemnent dynamique rend donc la création d’une interface beaucoup plus complexe que celle d’une affiche. L’ergonomie et l’usabilité sont 2 notions indispensables dans la conception d’un site, alors qu’elles n’existent pas dans le print.

Autre différence majeure : la lecture.

Dans le print, l’utilisateur lit le contenu des documents.

Sur internet, l’utilisateur scanne le contenu d’une page, mais ne le lis pas. Ce qui implique qu’il faut avoir une approche très pointue en terme de structuration du contenu et de mise en valeur des informations clés pour créer des repères visuels efficaces.

Enfin, une interface s’adapte, s'étire, selon les configurations d’écran de l’utilisateur.

Pour toutes ces (quelques) raisons, n’importe quelle graphiste ne peut pas s’improviser webdesigner et se prétendre capable de concevoir un site web efficace. On ne s’improvise pas designer de site internet parcequ’on sait se servir de Photoshop, et qu’on sait dessiner une barre de navigation et des boutons call to action.

C’est aussi pour cette raison que le métier de concepteur web existe (c’est l’une de mes principales expertise). Mon travail consiste à concevoir le squelette de chaque page d'un site afin de travailler sur la structuration des contenus, l'ergonomie, le merchandising, etc...

 

Site web vs site e-commerce

Pour compliquer encore un peu les choses, il s’avère que tous les sites ne sont pas égaux devant l’œil du webdesigner.
On peut classer un site selon différentes typologies qui correspondent à sa fonction principale :

  • Site vitrine = présentation de l’entreprise et de ses produits/services
  • Site éditorial = diffusion d’actualité avec une logique de mise à jour
  • Site e-commerce = vente en ligne
  • Réseau social = mise en relation, partage
  • Blog = actualité au fil de l’eau

 

La conception et le webdesign de ces types de site nécessitent des approches spécifiques (surtout au niveau de la conception) car le graphisme doit servir des objectifs différents à chaque fois :

  • Site vitrine = valorisation de l’image de l’entreprise, de son discours.
  • Site éditorial = très forte logique de hiérarchisation/organisation des contenus.
  • Site e-commerce = donner envie d’acheter des produits et faciliter la prise de commande.
  • Réseau social = donner de la visibilité sur l’activité de son réseau.
  • Blog = faciliter la lecture des articles et leur partage dans les médias sociaux.

 

Tout ça pour dire, que ce n’est pas parce qu’un webdesigner est bon dans la création d’un type de site qu’il faut en déduire qu’il sera bon pour tous les autres. L'expérience me prouve le contraire depuis des années.

Personnellement, selon la typologie de site dont je gère la création, j’essaye toujours de trouver un webdesigner qui a une expertise dans le type de site souhaité. Je ne confierai jamais la création d’un site e-commerce à une agence web qui ne fait que des sites d’agences immobilières ou des chambres d’hôtes, ou à une personne qui n’a fait que des thèmes graphiques de blogs.

Pas la peine de me demander des noms, je les garde jalousement, c'est une denrée rare :-)

Pour creuser le sujet, lire l'article : comment choisir son agence web ? J'espère que ça servira à toutes les entreprises qui pensent confier la création de leur site au petit neveu du PDG qui tripote Photoshop ou à l'agence web du coin sans s'assurer qu'elle sait faire autre chose que de la maintenance informatique...

Dans le prochain article, je vous parlerai de la difficulté du débrief créatif. C’est probablement l’exercice le plus difficile dans la relation client / agence web, et l’étape d’un projet web qui fait quasiment toujours déraper le planning aux calandes grecques, en plus de rendre les relations humaines un peu tendues...

Tout le monde va en prendre pour son grade ! ;-)

21:27 Publié dans Ergonomie et webdesign, Reflexions sur l'e-commerce | Lien permanent | Commentaires (17) | | | |  Imprimer

Commentaires

Spécialisé en référencement et développeur/intégrateur de formation, il m'arrive de réaliser des sites web. Je délègue complètement la partie graphique à différents graphistes locaux (chacun son métier) et ai été plusieurs fois confronté au dilemme suivant :
le graphiste propose une maquette qui réjouit le client mais il se trouve que ce visuel est complètement dépassé et ne correspond plus aux standards d'aujourd'hui.
Faut-il alors tenter de convaincre le client que son site web peut lui plaire mais doit déjà correspondre aux demandes de ses clients au risque de le perdre ou bien faut-il faire des concessions, faire plaisir au client et accepter de réaliser un site qui ne tient pas la route ?

Christophe BENOIT    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Pour moi, il n'y a pas débat possible : si toi, professionnel du web, tu estimes que le résultat n'est pas à la hauteur de ce que mérite d'avoir ton client, c'est de ta responsabilité d'essayer de le convaincre qu'il faut améliorer la créa.
Après tu peux tomber sur un dur à cuir qui ne veut rien entendre et ne rien changer, mais au moins tu auras fait ton travail de conseiller, et le client ne pourra pas te reprocher de ne pas l'avoir prévenu si son site ne fonctionne pas.

Ludovic    21 octobre 2010

On ne peut pas être bon partout.
Chacun son taf.

Séb    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

@Christophe: c'est dit dans l'article, un graphiste n'est pas webdesigner. au pire c'est à toi d'expliquer au graphiste les contraintes techniques et le reste, avant que quoi que ce soit arrive dans les mains du client!

Ben    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Très bon article qui montre bien les différences fondamentales entre le web et le print. J'insisterai juste sur un point qui est souvent mal compris et qui concerne la lecture ou plutôt l'accès à l'information : dans le cas du print, on va accrocher l'œil avec la première de couverture qui est la porte d'entrée principale du document, celui qui sera placardé sur les publicités ou qui attirera l'oeil chez le marchand de journaux. Sur le web, il faut insister sur le fait que le cheminement ne se fait pas obligatoirement par cette porte d'entrée mais plutôt via X landing pages.

En consultant le web analytics, on se rend compte que le nombre d'internautes qui entrent par la homepage est parfois très faible par rapport aux autres pages de destination, et souvent le graphisme se concentre presque logiquement sur la page d'accueil du site. Tout cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler la home, mais qu'il faut sans doute orienter également le graphisme sur ces portes d'entrées dérobées (listes de résultats, produit fort, etc).

Jean-Baptiste    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Tout a fait Jean-Baptiste, merci pour ce complément d'info très juste.

Ludovic    21 octobre 2010

Merci Ludovic,
il faut aussi parfois composer avec le client qui a des idées bien arrêtées sur le sujet.
Quand on hérite pas d’une charte faite par le (la) graphiste en interne de l’entreprise qui est rompu à la communication print… va expliquer qu’il faut tout refaire car sur le papier c’est surement très joli mais à adapter à un site web ça devient super galère.
J’attends avec impatience la suite de ce billet…

Claude    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Très juste, là c'est dur dur... Dans une ancienne expérience pro, j'ai débarqué dans une société ou toute la communication graphique était gérée par la même personne, qui avait 10 ans d'ancienneté dans la boite. Elle n'a jamais été challengée sur ses créas (qui n'étaient pas terribles du tout).
Je ne te raconte pas les efforts de diplomatie que j'ai du mettre en oeuvre pour arriver a faire du design web avec cette boite.

Ludovic    21 octobre 2010

Nous sommes actuellement confronté à ce problème dans notre agence sur un projet qu'un de nos clients nous a confié. Habituellement nous nous chargeons de toutes les phases du site web.

Sur ce projet, un studio graphique avait déjà réalisé la charte du client, son logo et toute sa communication papier. Jusque là, tout va bien. Le problème c'est que le client a voulu confier à ce même studio le design du site et uniquement à notre agence l'intégration, le développement et le référencement. Quelle fût notre surprise lorsque nous recevions les premières maquettes des pages : des documents de 300dpi avec des résolutions folles, un menu disposé en fin de page sous la ligne de flottaison, aucune cohérence entre les pages, des visuels disposés "façon print", etc. Bref, la cata !

Inutile de vous dire que ce projet est plus compliqué à gérer car le client final, peu aguerri au web, ne comprend pas nos remarques sur le fait que les maquettes graphiques sont inexploitables car lui les trouve "très jolies et design"... Le studio graphique quant à lui estime avoir bien fait son travail. Visiblement, ils ne connaissent rien non plus au web...

Cela nous conforte dans l'idée qu'il faut encore faire preuve de pédagogie, même envers des professionnels de la création graphique, car pour beaucoup le web n'est qu'une déclinaison du format papier classique.

À ce sujet, nous avons lancé hier un site web intitulé "Conseils concrets pour la réalisation de votre site Internet" à destination des décideurs et consultable à http://www.conseil-creation-web.fr/ ayant pour but de sensibiliser les entreprises à l'importance de confier la conception de son site à des professionnels avertis et qu'un projet web ça se réfléchi en amont et que c'est du boulot ;)

Christophe de CCD Design    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

super initiative que ce site de conseils. Merci de l'avoir partagé !

Ludovic    21 octobre 2010

@Christophe

"des documents de 300dpi avec des résolutions folles"

Effectivement cela complique le projet ... j'ai déjà eu à faire également à ce genre d'expérience pour un projet de développement et intégration, la maquette graphique était créée par un "graphiste" print, au final obligé de repasser derrière pour la maquette ... Grosse perte de temps.

Pour ma part je connais pas mal de graphistes "Print" qui pensent être capable de travailler pour le web alors qu'ils n'ont aucune/ou quasiment pas de culture internet, c'est vraiment un problème car ils ne se rendent pas compte que c'est une vision complètement différente du support papier.

D'ailleurs bien souvent ils ne connaissent pas les termes "ergonomie" et "accessibilité" ...

Studio76    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

Yann, tu mets le doigt sur un point essentiel que je n'ai pas abordé dans l'article : la culture web !

Un bon webdesigner sait parler de son métier bien sûr, et connait ce qu'il se fait de mieux dans son domaine, mais SURTOUT il comprend aussi les contraintes des métiers qui gravitent autour du sien, particulièrement ceux qui travaillent après lui et qui récupèrent son travail, c'est-a-dire les intégrateurs. L'exemple du projet de Christophe est très parlant et malheureusement encore trop fréquent.

Ludovic    21 octobre 2010

Je plussoie même si ça n'apporte rien au débat. ;)

Comment c'est difficile d'accorder ensemble
le client avec le graphiste
le graphiste avec l'intégrateur
l'intégrateur avec le codeur
le codeur avec le client

Tout ça avec un seul objectif pourtant commun, faire un joli site, fonctionnel et efficace....

Ben    21 octobre 2010 Répondre à ce commentaire

C'est vrai que ce sont deux métier différents mais on peut quand même voir des similitudes.

seotons    03 novembre 2010 Répondre à ce commentaire

C'est vrai que ce sont deux métiers différents mais on peut quand même voir des similitudes.

seotons    03 novembre 2010 Répondre à ce commentaire

C'est vrai que ce sont deux métiers différents mais on peut quand même voir des similitudes.

seotons    03 novembre 2010 Répondre à ce commentaire

Le créa print et le créa web ... Je suis souvent confronté à des créas venant d'écoles hypers tendances ... Leur talent est indéniable, mais leur connaissance du web est inexistante ... encore des écoles où l'on apprend rien. De même lorsqu'un talentueux DA print réalise un site vitrine multilangue, toujours le même problème, il oublie qu'on ne met pas les typos que l'on souhaite quand tout est entièrement administrable en BO, il oublie que le web ne permet pas autant de gestion sur la typo (écart lettre, lettrine, etc ) que le print, il oublie également le fait qu'un même site web est visualisé dans du 1024px ou plus (ou - ...) et non dans du A4... et que donc il doit prévoir un graphisme pour ces diverses résolutions afin de ne pas avoir d'horribles bandes blanches à gauche/droite/bas ...
et l'éternelle débat du rôle du webdesigner qui aujourd'hui joue le role d'ergonome, graphiste, intégrateur, voir développeur...
Avoir connaissances des contraintes du web, d'intégration, est indispensable, savoir intégrer type-top, c'est le métier de l'intégrateur.

Grégory    17 novembre 2010 Répondre à ce commentaire

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